Vers un capitalisme de surveillance, de Michel Foucault à Shoshana Zuboff

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Vers un capitalisme de surveillance, de Michel Foucault à Shoshana Zuboff

Date : Publié par Tags : privacy, capitalisme, surveillance

Shoshana Zuboff, professeur émérite à la Harvard Business School, vient de publier un livre majeur, paru début en janvier aux Etats-Unis, puis en Angleterre.

 

L'une de ses idées maîtresses ? Le capitalisme entre dans un nouvel âge, reposant sur un nouveau territoire de création de valeur : la surveillance sur Internet des données et des comportements.

 

Autrement dit cette surveillance n'est pas réductible à une "opportunité" offerte par le digital, ni à un usage astucieux des données par les géants du web. Bien plus profondément, elle ouvre un nouvel âge du capitalisme, après notamment le capitalisme patrimonial ou le capitalisme financier. Elle prolonge et régénère le capitalisme en quelque sorte.

 

Dès lors cette surveillance, en permanence inspirée par des tentatives de prédictibilités des comportements, a une vocation illimitée au nom de la quête perpétuelle de création de valeur financière.

 

Shoshana Zuboff s'inscrit ici singulièrement dans le lointain sillage de Michel Foucault qui déjà en 1975 ('Surveiller et punir', Gallimard), discernait en les politiques d'enfermement carcéral une volonté générale de surveillance de l'autre (et non plus de sanction par la seule souffrance physique), ayant vocation non seulement à contrôler mais indissociablement à orienter les attitudes dans le sens de la morale.

 

A quarante ans de distance, la publication de ces deux livres fait apparaître une tendance lourde, qui précédait le développement du digital : la tentation forte, pérenne, structurante, de la surveillance dans nos sociétés. Cette "grande transformation" a débuté par l'univers carcéral si bien analysé par Foucault, puis s'étend désormais aux personnes les plus libres, mais pénétrant dans les replis de nos vies quotidiennes. L'opérateur de la surveillance n'est plus uniquement l'Etat mais les entreprises dans le cadre d'un nouvel âge du capitalisme. Même si les deux registres sont différents, Etats et entreprises travaillent ici dans une logique commune.

 

Il existe (au moins) un pays du monde où la convergence est déjà devenue parfaite : la Chine.

 

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